Mama Khan le chant de la Terre Lakota – Une soirée avec Khadija El Mahdi
- NathalieTlili Lleya

- 3 sept. 2025
- 2 min de lecture
Le 22 décembre 2024, j’ai eu le privilège d’assister, au théatre La Petite Croisée des Chemins, à la pièce Mama Khan – Le Chant de la Terre Lakota de Khadija El Mahdi. Un moment suspendu, intense, qui m’a profondément marquée par sa puissance poétique et spirituelle.
Khadija El Mahdi s’inscrit dans une tradition rare et exigeante : celle du jeu masqué. Ici, le masque n’est pas un simple accessoire scénique, mais une porte d’incarnation, un outil de métamorphose qui permet au corps et à la voix de devenir le réceptacle d’autres présences. Dans la lignée des pratiques théâtrales ancestrales, où le masque est à la fois protection et révélation, l’actrice disparaît pour laisser émerger l’archétype et l’essence qu’elle incarne.
Dans Mama Khan , cette maîtrise du masque trouve une résonance particulière : celle du chant de la Terre Lakota. Par ses gestes précis, son souffle maîtrisé et sa présence habitée, Khadija El Mahdi tisse un dialogue entre le théâtre et le rituel. Elle nous entraîne dans un univers où les frontières entre l’art et la spiritualité s’estompent, pour laisser place à une expérience totale.
Ce qui frappe, c’est l’expertise du jeu masqué : le corps devient langage, la voix se fait vibration, et chaque mouvement révèle une intensité intérieure. Dans cette économie du geste, l’actrice transmet plus qu’un récit : elle transmet une mémoire, une force, une reliance au sacré.
Assister à cette pièce, c’est ressentir que le théâtre peut encore être un espace initiatique, capable de nous relier à la Terre, aux traditions, aux voix des peuples premiers. Mama Khan est à la fois un hommage et une prière, un chant universel qui dépasse les cultures et nous rappelle l’importance de préserver le vivant.
Je repars de cette représentation avec une conviction renouvelée : l’art, lorsqu’il s’unit au masque et au sacré, devient un chant de guérison et de reliance.












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